TOO MUCH - 7 ans

TOO MUCH - 7 ans
Je voudrais connaître la musique dont la queue de mon chien bat la mesure. (Yvan Audouard)
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# Posté le jeudi 18 juin 2009 06:24

LA GRASSE MATINEE - Jacques Prévert

LA GRASSE MATINEE - Jacques Prévert




Issu du merveilleux recueil de Prévert, intitulé "paroles", la grasse matinée est un de mes poèmes préférés. Le médiocre, la misère, y flirtent avec le dédain, l'indifférence, les jugements hâtifs. C'est un regard sans fard sur la rue et ses drames sordides dictés par le désespoir.








Il est terrible
Le petit bruit de l'½uf dur cassé sur un comptoir d'étain
Il est terrible ce bruit
Quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim
Elle est terrible aussi dans la tête de l'homme
La tête de l'homme qui a faim
Quand il se regarde à six heures du matin
Dans la glace du grand magasin
Une tête couleur de poussière
Ce n'est pas sa tête pourtant qu'il regarde
Dans la vitrine de chez Potin
Il s'en fout de sa tête l'homme
Il n'y pense pas
Il songe
Il imagine une autre tête
Une tête de veau par exemple
Avec une sauce de vinaigre
Ou une tête de n'importe quoi qui se mange
Et il remue doucement la mâchoire
Doucement
Et il grince des dents doucement
Car le monde se paye sa tête
Et il ne peut rien contre ce monde
Et il compte sur ses doigts un deux trois
Un deux trois
Cela fait trois jours qu'il n'a pas mangé
Et il a beau se répéter depuis trois jours
Ça ne peut pas durer
Ça dure
Trois jours
Trois nuits
Sans manger
Et derrière ces vitres
Ces pâtés ces bouteilles ces conserves
Poissons morts protégés par les boîtes
Boîtes protégées par les vitres
Vitres protégées par les flics
Flics protégés par la crainte
Que de barricades pour six malheureuses sardines..
Un peu plus loin le bistrot
Café-crème et croissants chauds
L'homme titube
Et dans l'intérieur de sa tête
Un brouillard de mots
Un brouillard de mots
Sardines à manger
¼uf dur café-crème
Café arrosé rhum
Café-crème
Café-crème
Café-crime arrosé sang !...
Un homme très estimé dans son quartier
a été égorgé en plein jour
L'assassin le vagabond lui a volé
Deux francs
Soit un café arrosé
Zéro franc soixante-dix
Deux tartines beurrées
Et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.
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# Posté le samedi 09 mai 2009 05:19
Modifié le jeudi 28 mai 2009 14:21

LA PREMIERE VIE DE BALMUNG

LA PREMIERE VIE DE BALMUNG

Cette légende puise ses racines en des temps très anciens, bien au Nord de chez nous. Alors, d'autres dieux régnaient sur le monde avec plus ou moins de bienveillance.

Odin, l'un d'entre eux était vénéré par les guerriers, il incarnait tout à la fois la ruse, la victoire, la rage, mais aussi la sagesse et l'inspiration poétique. Ainsi allait Odin, Dieu aux multiples visages, généreux et courageux, mais sévère et toujours craint.

Il advint qu'un jour, Wayland le forgeron, voulant lui être agréable lui offrit une superbe épée. Puissante, longue, au tranchant effilé et à la garde sculptée de dragons, elle fut nommée Balmung. On dit qu'elle était capable de fendre pierre et acier pour qui saurait la manier.
Odin s'empara de Balmung, et la tenant fermement à deux mains, la fit tournoyer au-dessus de sa tête, écoutant le chant de la lame fendant l'air, puis, il la plongea profondément au c½ur d'un robuste chêne, en son palais de Volsung.
L'épée solidement plantée, il promis à celui qui pourrait la retirer de son fourreau de bois, de ne jamais connaître de défaite au combat.
Les princes de Volsung eurent vent du défi, et les promesses de gloire étaient trop belles pour ne pas tenter sa chance. Tous échouèrent les uns après les autres, à l'exception du dernier, le plus jeune d'entre eux, Sigmund.

Enchantement ou malédiction, la vie de Sigmund fut dès lors liée à celui de sa fidèle alliée. Grâce à Balmung, il acquis une renommée exceptionnelle, tout autant que le fut son funeste destin.
Bien des années plus tard, Sigmund, au cours d'un énième combat livré pour défendre son royaume frappa de sa lame un vieillard, mais celle qui n'avait failli jusque là se brisa sur la lance du vieil homme. Sigmund reconnu alors Odin. Il su en cet instant que sa vie allait lui échapper comme lui échappait son glaive brisé. Dès lors, rien ne pu le sauver des coups mortels portés par ses assaillants.

Ainsi périt Sigmund, qui avait connu tant de gloire sur les champs de bataille. Mais de Balmung, ce n'était pas la fin, l'épée brisée reprendrait forme bientôt, au main d'un autre héros, pour un autre destin ... mais ceci est une autre histoire ...
# Posté le vendredi 13 mars 2009 06:40

JUSTE POUR MON VALENTIN

JUSTE POUR MON VALENTIN


Prévert sait être si efficace quand il décrit les sentiments. C'est beau, c'est précis, plein de justesse. L'amour est bien tel qu'il nous le décrit, nous brinquebalant sans cesse entre la grâce et le tourment.
Nous le cherchons du premier jour de notre vie, et sans doute jusqu'à notre dernier souffle...
Quels êtres serions-nous devenus sans lui ?








Cet amour

Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qu faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l'avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C'est le tien
C'est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelle
Et qui n'a pas changé
Aussi vrai qu'une plante
Aussi tremblante qu'un oiseau
Aussi chaude aussi vivant que l'été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort,
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi je l'écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s'aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Lá où tu es
Lá où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t'en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t'avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n'avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n'importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d'un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.
# Posté le samedi 14 février 2009 10:48
Modifié le lundi 16 février 2009 10:15

Meilleurs voeux 2009 !!!

Meilleurs voeux 2009 !!!
# Posté le mercredi 31 décembre 2008 04:32
Modifié le mercredi 31 décembre 2008 04:56